MaPrimeRénov’ Copropriété 2026 : montants, vote en AG et démarches

MaPrimeRénov’ Copropriété 2026 : montants, vote en AG et démarches

Une aide collective, pas individuelle

C’est la confusion la plus fréquente et la plus coûteuse.

MaPrimeRénov’ Copropriété est une aide de l’Anah versée au syndicat de copropriétaires, via un dossier unique porté par le syndic. Elle finance les travaux sur les parties communes et sur les parties privatives déclarées d’intérêt collectif.

Elle ne se confond ni avec les primes individuelles que chaque copropriétaire peut demander pour son logement, ni avec les travaux privatifs. Mélanger les trois dans un même raisonnement est l’erreur classique en assemblée générale.

L’aide est versée au syndicat, puis répartie entre les copropriétaires selon la clé des tantièmes de charges générales — ou toute autre clé votée en AG. Un copropriétaire détenant 50 tantièmes sur 1 000 paie 5 % du montant des travaux et perçoit 5 % des aides.

Les montants

Le taux dépend du gain énergétique obtenu, déterminé par l’évaluation énergétique.

Gain énergétique Taux d’aide
Au moins 35 % 30 % du montant HT
Au moins 50 % 45 % du montant HT

Le plafond de dépenses éligibles est de 25 000 € HT par logement.

Deux exemples de calcul :

  • Travaux à 20 000 € HT par logement, gain de 50 % → prime de 45 % = 9 000 € par logement.
  • Travaux à 30 000 € HT par logement, gain de 50 % → la prime est calculée sur le plafond de 25 000 €, soit 11 250 € maximum.

Les copropriétés fragiles — en difficulté financière ou faisant l’objet d’un plan de sauvegarde — bénéficient de taux majorés. Pour un gain de 50 % dans une copropriété fragile, la prise en charge peut dépasser 65 %.

S’y ajoutent des primes individuelles pour les copropriétaires aux revenus modestes.

Les conditions d’éligibilité

  • Immeuble achevé depuis plus de 15 ans.
  • Au moins 75 % de résidences principales.
  • Immatriculation au Registre national des copropriétés (RNC), à jour.
  • Assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) obligatoire.
  • Gain énergétique d’au moins 35 %.

Le registre et la part de résidences principales sont à vérifier avant d’engager la phase de préparation : c’est le premier motif de blocage d’un dossier.

Bon à savoir : la demande d’aide relative à la prestation d’AMO peut être déposée avant la demande principale. C’est le moyen de lancer proprement la phase d’étude sans avancer la totalité des frais.

Les travaux éligibles

  • Isolation : murs par l’extérieur, combles, toit-terrasse, plancher bas.
  • Étanchéité.
  • Chauffage et eau chaude collectifs : pompe à chaleur, chaudière biomasse, dépose de cuve à fioul ou de chaudière gaz, raccordement à un réseau de chaleur urbain.
  • Ventilation : VMC double flux.
  • Réseaux d’eau.

D’autres interventions peuvent être admises par l’Anah au cas par cas.

Pour atteindre 35 % de gain, une copropriété doit généralement engager une rénovation d’ampleur : un geste isolé y suffit rarement.

À titre de repère, une ITE collective coûte entre 120 et 250 €/m² selon la hauteur de l’immeuble et le matériau, pour un gain de 15 à 25 % des déperditions du bâtiment.

Le vote en assemblée générale : les majorités à connaître

C’est là que les projets échouent le plus souvent. Les majorités diffèrent selon la nature de la décision, au titre de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965.

Décision Majorité requise
Audit ou évaluation énergétique Majorité simple (art. 24) — des voix des présents et représentés
Travaux d’économies d’énergie Majorité absolue (art. 25) — de tous les copropriétaires, présents, représentés ou absents

La passerelle de l’article 25-1 est le mécanisme à connaître : si la majorité absolue n’est pas atteinte mais que le projet recueille au moins un tiers des voix, un second vote à la majorité simple peut être organisé immédiatement, dans la même assemblée.

Beaucoup de projets sont abandonnés faute d’avoir invoqué cette passerelle sur place.

À noter également : le syndic peut inscrire un projet de travaux à l’ordre du jour de l’AG annuelle sans accord préalable des copropriétaires. Et pour des travaux d’utilité commune urgents, il peut parfois agir sans vote préalable.

Comment convaincre en assemblée générale

L’argument financier est le seul qui fonctionne, et il doit être présenté correctement.

Présentez le reste à charge par logement après toutes les aides, pas le montant global des travaux. Un chantier de 800 000 € affiché brut fait fuir ; le même chantier présenté comme « 6 500 € de reste à charge par logement, étalés sur 24 mois » se vote.

Trois autres leviers :

  • la contrainte réglementaire : les logements classés G sont interdits à la location depuis 2025, les F le seront en 2028. Les copropriétaires bailleurs sont directement concernés ;
  • la valeur patrimoniale : la décote des passoires thermiques s’accentue à mesure que les échéances approchent ;
  • les aides complémentaires : primes CEE — dont le Coup de pouce Rénovation performante de bâtiment résidentiel collectif, prolongé par arrêté du 7 janvier 2026 —, éco-PTZ collectif, aides locales.

Les étapes du dossier

  1. Évaluation ou audit énergétique de l’immeuble.
  2. Désignation de l’AMO.
  3. Vote des travaux en assemblée générale (majorité absolue, art. 25).
  4. Enregistrement de la copropriété et création du compte sur le portail de l’Anah.
  5. Dépôt de la demande par le syndic.
  6. Réalisation des travaux.
  7. Finalisation : factures, attestation de fin de travaux, contrat d’AMO, procès-verbal de l’AG.
  8. Versement de la prime au syndicat, puis répartition.

Anticipez les délais. Entre l’audit, l’organisation de l’AG, la constitution du dossier et l’instruction, un projet de copropriété se compte en années, pas en mois. Une AG annuelle manquée décale tout le calendrier de douze mois.

Questions fréquentes

Quel montant peut obtenir une copropriété ?

30 % du montant HT pour un gain d’au moins 35 %, 45 % pour un gain d’au moins 50 %, sur un plafond de 25 000 € HT par logement.

Qui dépose le dossier ?

Le syndic, pour le compte du syndicat des copropriétaires. C’est un dossier unique.

Quelle majorité pour voter les travaux ?

La majorité absolue de l’article 25. La passerelle de l’article 25-1 permet un second vote à la majorité simple si le projet obtient au moins un tiers des voix.

Une copropriété récente est-elle éligible ?

Non, l’immeuble doit être achevé depuis plus de 15 ans et comporter au moins 75 % de résidences principales.

Peut-on cumuler avec des aides individuelles ?

Oui. Des primes individuelles complètent la prime collective pour les copropriétaires aux revenus modestes.

L'AMO est-elle obligatoire ?

Oui. Sa prestation peut faire l’objet d’une demande d’aide déposée avant la demande principale.

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