L’essentiel
L'ordre compte plus que le budget
Les combles en premier
Les règles ont changé en 2026
Le reste à charge dépend de trois choses
Ce qui a changé en 2026 : à lire avant tout le reste
Impossible de parler du prix d’une rénovation énergétique sans commencer par là. L’État a recentré ses aides sur la rénovation globale, et plusieurs travaux qui étaient finançables isolément ne le sont plus.
Depuis le 1er janvier 2026 :
- l’isolation des murs, par l’intérieur comme par l’extérieur, sort du parcours « par geste » et doit désormais s’intégrer à une rénovation d’ampleur ;
- les chaudières biomasse et gaz ne bénéficient plus d’aides isolées, la priorité allant aux pompes à chaleur ;
- les ménages à revenus supérieurs (profil « Rose ») sont exclus du parcours par geste.
Le guichet a rouvert le 23 février 2026 après une fermeture liée à l’adoption tardive du budget de l’État, avec une enveloppe de 3,6 milliards d’euros.
En septembre 2026, six gestes supplémentaires doivent sortir du parcours par geste : fenêtres, isolation toiture et combles, VMC double flux, chauffe-eau solaire, chauffe-eau thermodynamique, poêles et inserts à bois.
Au 1er janvier 2027, le DPE deviendra obligatoire pour toute demande d’aide. L’obligation, initialement prévue plus tôt, a été reportée.
La conséquence pratique est simple : si vous envisagez un geste isolé encore éligible, le calendrier compte autant que le devis.
Le prix des travaux, geste par geste
| Travaux | Prix constaté 2026 | MaPrimeRénov’ « par geste » |
|---|---|---|
| Isolation combles perdus | 15 – 40 €/m² | Barème forfaitaire au m², plafond de dépense 75 €/m² |
| Isolation combles aménageables | 35 – 85 €/m² | Idem, plafond 75 €/m² |
| Isolation toiture-terrasse | — | Jusqu’à 75 €/m² |
| Isolation des murs (int. ou ext.) | — | Exclu du geste depuis 2026 — rénovation d’ampleur uniquement |
| Pompe à chaleur air/eau | — | Jusqu’à 5 000 € (très modestes), 4 000 € (modestes), 3 000 € (intermédiaires) |
| Pompe à chaleur géothermique | — | Jusqu’à 11 000 € |
| Pompe à chaleur air/air | — | Non éligible (CEE possible si COP > 3,9) |
| Fenêtres double vitrage | — | Jusqu’à 100 €/équipement |
| Dépose de cuve à fioul | — | 1 200 € |
Les montants MaPrimeRénov’ varient selon quatre profils de revenus : bleu (très modestes), jaune (modestes), violet (intermédiaires), rose (supérieurs). Vérifiez votre profil sur france-renov.gouv.fr.
Par où commencer : l’ordre qui fait la différence
C’est le conseil le plus important de cette page, et celui qui va contre l’argumentaire de beaucoup de démarcheurs.
Isolez avant de changer le chauffage. Installer une pompe à chaleur performante dans une maison mal isolée ne produit pas les économies annoncées — et peut même dégrader la situation, l’équipement étant surdimensionné et sollicité en permanence.
Commencez par les combles. Ils représentent à eux seuls 25 à 30 % des déperditions de chaleur d’une maison individuelle, pour le coût au m² le plus faible de tous les postes d’isolation. C’est le geste le plus rentable qui existe en rénovation énergétique.
L’ordre logique : combles → planchers bas → menuiseries → murs → système de chauffage → ventilation.
Le reste à charge réel
C’est la seule question qui compte, et elle n’a pas de réponse générale. Trois variables la déterminent : vos revenus, le gain de classes DPE obtenu, et le devis de l’artisan RGE.
Les aides cumulées — MaPrimeRénov’, primes CEE, TVA à 5,5 % — peuvent réduire la facture de 40 à 80 % selon les revenus.
Sur l’isolation des combles, un ménage modeste (catégorie jaune) peut cumuler MaPrimeRénov’ à 20 €/m², une prime CEE Coup de Pouce de 7 à 10,54 €/m² et la TVA réduite. Sur ce poste précis, le total peut couvrir 80 à 100 % du coût des travaux.
Le plafond à connaître : MaPrimeRénov’ par geste est limitée à 20 000 € sur 5 ans pour un même logement. Vous pouvez donc combiner isolation des combles, pompe à chaleur, VMC et fenêtres dans cette enveloppe.
La rénovation d’ampleur : le parcours privilégié
C’est là que l’État concentre désormais ses moyens. Le parcours accompagné finance jusqu’à 80 % d’un plafond de dépenses de 40 000 € HT, soit une aide maximale d’environ 32 000 € pour les ménages très modestes.
Il impose deux contraintes :
- un gain d’au moins deux classes DPE ;
- un accompagnement obligatoire par un Accompagnateur Rénov’ agréé.
Ce parcours couvre des postes exclus du « par geste » : pompe à chaleur air/air, isolation des murs, chaudière biomasse. Les ménages à revenus supérieurs y accèdent sous conditions, avec un taux d’aide de 10 %.
Les objectifs de l’Anah pour 2026 sont de 120 000 rénovations d’ampleur et 150 000 rénovations par geste.
Les règles à ne jamais enfreindre
Faites appel à un professionnel RGE. Sans certification RGE, aucune aide n’est versée. C’est une condition absolue, pas une recommandation.
Ne signez jamais avant d’avoir déposé votre dossier. La demande doit être faite avant le démarrage des travaux. Un artisan qui vous presse de signer « pour bloquer la prime » vous fait perdre votre droit à l’aide.
Méfiez-vous des offres à 1 euro. Elles ont largement disparu du cadre légal, et leur réapparition dans un argumentaire commercial est un signal d’alerte fiable.
Simulez avant de démarcher. Le simulateur officiel france-renov.gouv.fr donne une estimation personnalisée gratuite, sans intermédiaire commercial. C’est votre point de référence pour juger de la sincérité d’un devis.
Les ménages très modestes peuvent demander une avance allant jusqu’à 50 % du montant de la prime avant le démarrage des travaux — un levier essentiel quand la trésorerie bloque le projet.
Les dispositifs complémentaires
- Primes CEE : versées par les fournisseurs d’énergie, cumulables avec MaPrimeRénov’. Certains opérateurs sont à la fois délégataires CEE et mandataires MaPrimeRénov’ et gèrent les deux dossiers en une démarche.
- Éco-prêt à taux zéro : jusqu’à 50 000 € pour une rénovation d’ampleur.
- TVA à 5,5 % sur les travaux d’amélioration énergétique, contre 10 % pour la rénovation classique.
- Aides locales : région, département, intercommunalité. Souvent ignorées, parfois substantielles.
À noter : le crédit d’impôt CITE et le dispositif MaPrimeRénov’ Sérénité ont été supprimés. Les panneaux solaires photovoltaïques et les volets roulants ne sont pas éligibles à MaPrimeRénov’.
Questions fréquentes
MaPrimeRénov' existe-t-elle toujours en 2026 ?
Oui. Le guichet, temporairement fermé au 1er janvier faute de budget voté, a rouvert le 23 février 2026 pour tous les parcours.
Quel est le geste le plus rentable ?
L’isolation des combles : 25 à 30 % des déperditions pour le coût au m² le plus faible, entre 15 et 40 €/m² en combles perdus.
Peut-on cumuler plusieurs aides ?
Oui. MaPrimeRénov’ par geste est plafonnée à 20 000 € sur 5 ans, cumulable avec les CEE et la TVA à 5,5 %.
Pourquoi les pompes à chaleur air/air ne sont-elles pas aidées ?
Elles sont considérées comme des climatisations réversibles, non comme un chauffage principal. Elles restent éligibles aux primes CEE si leur coefficient de performance dépasse 3,9.
Faut-il un DPE pour demander une aide ?
Pas en 2026 pour le parcours par geste : l’obligation a été reportée au 1er janvier 2027. Elle s’applique déjà au parcours d’ampleur, qui exige un gain de deux classes.
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